Terminés, les klaxons trop bruyants aux matchs des Alouettes
Il y aura moins de bruit aux matchs des Alouettes au Stade Percival-Molson, et peu importe la ferveur des spectateurs. Ceux-ci n’auront plus le droit d’apporter des cornes à air comprimé à l’intérieur. L'équipe montréalaise a modifié en avril son code de conduite en vue de la prochaine campagne, en commençant par le match préparatoire face au Rouge et Noir d’Ottawa. Auparavant, le code de conduite sur le site web de l'équipe indiquait simplement que Le libellé a été modifié au cours des dernières semaines et on peut maintenant y lire que Les klaxons à air comprimé sont vendus dans des magasins de grande surface et en ligne. Photo : Getty Images / Sam Greenwood Montréal a apporté cette modification pour se conformer à une demande de la Ligue canadienne de football (LCF), a appris Radio-Canada Sports. Cette directive semble avoir été instaurée spécifiquement pour Montréal. L’année dernière, les huit autres équipes du circuit mentionnaient déjà sur leur site web que ces klaxons étaient prohibés. La ligue avait aussi choisi de les interdire lors de la 110e finale de la Coupe Grey, remportée par les Alouettes face aux Argonauts en 2023, au Stade Tim Hortons. L’organisation montréalaise a aussi confirmé avoir reçu des plaintes à cet effet au courant des dernières années. Sur les médias sociaux, les critiques provenaient surtout de partisans d'autres formations et de téléspectateurs exaspérés d'entendre les klaxons enterrer la description des matchs. Jusqu'à récemment, les Moineaux préféraient balayer du revers de la main ces remontrances. Un sondage réalisé à la fin de la dernière campagne, qui portait notamment sur l'expérience client, a toutefois guidé l'équipe dans sa décision. David Arsenault, descripteur des matchs au Réseau des Sports (RDS), voit d'un bon œil ce changement, même s'il ne juge pas que les klaxons nuisaient à son travail. Si c'était un problème à la télévision pour les gens qui nous écoutaient, bien tant mieux. Mais je pense que c'était surtout un bruit agressant pour les personnes sur place, surtout celles qui se trouvaient juste à côté. Les cornes à air comprimé en vente libre peuvent atteindre de 120 à 130 décibels, selon les marques. Pour référence, le bruit d'un moteur d'avion au décollage est d'environ 130 décibels et excède le seuil de la douleur auditive. La Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ) a d'ailleurs aussi décidé de bannir ces trompettes à air comprimé durant ses matchs pour des raisons de santé auditive, dans une annonce faite le 30 avril dernier. Le circuit pourra imposer des amendes aux équipes qui ne respectent pas l'interdiction et des arbitres pourront expulser les spectateurs qui les utilisent. Ce genre de sirène peut atteindre des bruits très élevés très rapidement et selon la dose ou la durée d’exposition, ça peut provoquer des traumatismes acoustiques, explique l’audiologiste Marc-Olivier Blackburn. Les gens qui sont à proximité du bruit sont particulièrement à risque. Il y aurait possiblement moyen d’encadrer l’usage de ces cornes, dont l’utilité première est de déranger l'adversaire. Les Alouettes disputent un premier match préparatoire face au Rouge et Noir d’Ottawa samedi. L'équipe entamera sa saison le 6 juin, à domicile, contre les Argonauts de Toronto. l’utilisation d’instruments produisant un nombre de décibels trop élevé et dont le volume dérange les spectateurs est interdite
.l’utilisation d’instruments produisant un nombre de décibels trop élevé et dont le volume dérange les spectateurs est interdite. Les trompettes à air comprimé, mégaphones et autres instruments à bruit mécanique sont interdits
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On a eu des commentaires des amateurs et on a décidé de les écouter
, a indiqué un porte-parole des Alouettes.C'était plus un désagrément pour mes collègues qui s'occupent de l'audio, d'après moi. Nous, avec les casques d'écoute, on s'entendait très bien, peu importe le bruit. J'aurais peut-être une meilleure idée si ça fait une différence après le premier match (préparatoire), samedi
, a-t-il dit.La foule à Montréal ne perdra pas son identité pour autant
, ajoute-t-il. Je ne pense pas qu'on reconnaissait la foule montréalaise à cause des klaxons. J'ai vécu le Stade olympique, le Stade Molson à ses débuts, j'ai vu toutes ses améliorations. Et, peu importe les conditions, quand les gens s'y mettent, c'est très bruyant. Il y a de l'ambiance quand il y a de 15 000 à 18 000 personnes dans les gradins. Ça ne changera pas. Montréal va rester une place unique pour apprécier du football. Et ça va rester un avantage pour l'équipe locale de jouer là-bas.
Je pense seulement que ceux qui étaient irrités par les klaxons seront plus en mesure d'apprécier les matchs
, conclut le descripteur.Un danger pour la santé auditive
Il y a des clubs comme le CF Montréal avec des sections plus bruyantes
, rappelle Marc-Olivier Blackburn. Il y a peut-être moyen d’utiliser ces sirènes avec une protection auditive pour les personnes qui se trouvent autour, encore faut-il que la protection auditive soit bien placée.
Mais le bruit reste un stresseur pour l’ensemble de la foule. Ça peut augmenter le rythme cardiaque, ça peut perturber le sommeil dans le voisinage
, mentionne l'expert.
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